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EN n°46 > Fête au village

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Fête au village, il y a un demi siècle...

[ 1ère partie ]

Jeunes qui lisez cet article, ne croyez surtout pas que, il y a 50 ans, notre village était coupé du monde !

Non, de nombreux villageois lisaient le journal, la plupart y étant d'ailleurs abonnés. Deux quotidiens régionaux se partageaient les lecteurs : la Dépêche du Midi et Sud-Ouest et chacun d'eux avait son correspondant dans le village. La radio était aussi très répandue et presque tout le monde possédait un récepteur. Mais, malgré tout, les grands évènements du monde arrivaient très amortis et le matraquage des médias n'avait pas encore commencé.
En revanche, les évènements de la vie locale n'en prenaient que plus de relief et, en fin de compte, rythmaient la vie de nos concitoyens. Parmi eux, la fête locale représentait sûrement le point d'orgue. En effet, les moyens de déplacements étaient rares et chers, très peu de gens possédaient une automobile (4 ou 5 dans le village) et la fête était une occasion de regrouper les familles ou de "rendre les invitations". Pour nous, gamins, l'approche de la fête nous mettait dans un état de surexcitation indescriptible.
Les préparatifs
Dèjà LAROCHE, le cantonnier municipal avait recreusé les trous et planté les "files", grands mâts peints en bleu-blanc-rouge, aux entrées du village. Il avait tendu entre ces "files" des guirlandes de petits drapeaux en papier du plus heureux effet. Puis TOUYA était venu de Nohic accrocher les guirlandes électriques, fabrication "maison", réalisées avec des ampoules normales peintes de diverses couleurs, qui allaient "illuminer" l'entrée du village et la piste de danse entre la mairie et le "baraquement"; contruction en briques creuses sur une armature métallique, il se dressait au bout de la piste de danse actuelle et perpendiculairement à celle-ci. Il a servi également de salle des fêtes, de garage pour les camions des pompiers.... Il a été démoli vers la fin des années 50.
Le podium pour l'orchestre s'élevait devant l'entrée du baraquement (ce fut pendant très longtemps une remorque prêtée par un agriculteur et décorée de feuillage et de verdure). Le parc du château et ses grands buis fut, pendant des années, une mine de feuillages pour toutes les décorations des festivités du village, chrétiennes ou païennes. De même la buvette indispensable à cette manifestation était installée par les "extras" embauchés par le café VERDU, actuellement "chez MICHEL".
Enfin, on assemblait la piste de danse, formée de grandes plaques de parquet qui s'emboîtaient (plus ou moins) les unes dans les autres. Ce n'est que quelques années plus tard que la piste asphaltée apparut.
Il ne restait plus qu'à attendre les forains.
Dans les familles
La fête, évènement très important, se préparait longtemps à l'avance. Elle était en particulier une occasion de renouveler sa garde-robe. Si le car de TERRAT permettait de réaliser ses emplettes à Montauban, (et les Villebrumiérains étaient très nombreux à l'emprunter, surtout le samedi), les villageois conservaient l'habitude de se fournir sur place. Les visites de M GARAUD s'étaient multipliées dans les familles. M Garaud venait à vélo de Villemur où sa femme tenait un magasin de chaussures. Il était représentant. Sur son porte-bagages, il transportait des coupons de tissus de toutes sortes parmi lesquels les élégantes choisissaient la texture et le coloris de leur future tenue. Il était aussi représentant du grand magasin du Capitole à Toulouse et cela lui conférait une aura extraordinaire. Très " commerçant " il vous procurait très rapidement ce dont vous aviez besoin. Grâce à ces coupons de tissus, les Villebrumiéraines avaient le choix : ou bien réaliser elles-mêmes (et avec plus ou moins de bonheur) la toilette désirée, ou bien, prendre rendez-vous chez Mado COMMELONGUE, la femme du maréchal-ferrand, qui, habile couturière, leur proposait du "sur mesure". Mado était débordée en cette période de l'année, d'autant plus que les essayages procuraient l'occasion de délicieux bavardages.
Pour les chaussures, tout le monde se servait chez Mme PONS (presque en face de l'entrée actuelle de la gendarmerie). Pendant que M Pons plaçait des fers qui allaient limiter l'usure (mais provoquer de bien surprenantes glissades) ou ressemelait des chaussures usagées, Mme Pons vendait les "Kneps" pour les petits ou les escarpins aux élégantes.
La semaine précédant la fête était aussi un moment d'intense activité pour les coiffeurs. Chez CARMEN et sa jeune ouvrière YVETTE, rue Haute, les dames papotaient en attendant leur tour. (Yvette MURATORE qui prit la succession de Carmen me disait que, pendant des années, la fête ne commença pour elle que le dimanche à midi, tant le travail était intense pendant cette période festive). Chez Jean BARTHÉLÉMY, rue Haute ou chez ALBAN, près de l'église, les hommes se faisaient "rafraîchir" la coupe ou raser avec le grand coupe-chou si impressionnant.
Dans les métiers de bouche, la fête provoquait la même effervescence. Michel LACAZE, le boucher de la rue des Anneaux avait abattu à l'avance tout le bétail nécessaire dans son abattoir de la route de Monclar et les commandes avaient été prises depuis longtemps, chacun voulant être sûr d'avoir un rôti "bien placé".
Au carrefour de la rue Haute et de la rue des Anneaux, Françoise COURDY venait d'ouvrir, depuis quelques mois, la "Coop", premier magasin moderne du village, avec ses grandes vitrines. Nous étions très fiers d'aller faire nos courses dans une épicerie "comme en ville".
Mais la volaille demeurait quand même la viande la plus consommée. Si de nombreux villageois en élevaient pour eux, beaucoup aussi en achetaient pour les festivités. Pas question de poulet PAC! Il fallait aller dans les fermes négocier l'achat et l'on revenait avec les volailles vivantes qu'il fallait tuer, plumer, vider, trousser. Mais quel délice!
Les forains
Les jours précédant la fête, nous, les gamins, rôdions autour de la place de la mairie, attirés par tout ce remue-ménage. Les véhicules étant rares, dès que nous entendions un bruit de camion sur la route de Montauban, nous nous précipitions pour escorter un éventuel forain. Ils n'étaient guère nombreux : un manège de chevaux de bois s'installait devant le tilleul, un ou deux tirs dressaient leurs stands à droite quand on est face à la mairie, une loterie et des balançoires à gauche. Un manège de "chaînes" que nous appelions (très) vulgairement "tape-cul" vint pendant quelques années s'installer devant le pont-bascule. Je me souviens aussi parfaitement des balançoires, lourdes barques de tôle peintes de couleurs vives et tellement robustes que les adolescents et même les adultes pouvaient les utiliser (et ils ne s'en privaient pas).
Mais l'arrivée de la loterie était quand même le "clou" des préparatifs. Deux vieilles dames adorables tenaient cette loterie et leur baraque et leur roulotte étaient tirées par un engin extraordinaire. C'était un antique tracteur de l'artillerie américaine (celle de la guerre de 14). Avec son museau court, sa cabine à l'air libre, son volant en bois, ses roues à rayons avec leur bandage plein et sa transmission par chaîne, il faisait déjà figure d'antiquité, c'est pour dire! Il se traînait à 4 ou 5 kilomètres à l'heure et la cohorte des enfants lui faisait une joyeuse escorte.
Une autre loterie où l'on pouvait gagner des poupées grâce à une grande roue, se dressait devant l'entrée de la mairie. Enfin, le jour de la fête, à la dernière minute, un ou deux marchands ambulants : pétards, jouets, bonbons, cacahuètes...déballaient leur étal.
Le samedi
Tout l'après-midi, l'orchestre, juché sur le plateau d'un camion (celui d'Emile COURDY) avait procédé à la distribution des bouquets dans la campagne. Ces bouquets étaient formés de 2 ou 3 fleurs en papier multicolore attachées sur des tiges en fil de fer et enveloppées d'un carré de papier blanc. Mme LURDE, fleuriste à Montauban et dont le mari était originaire de Villebrumier, les fournissait ainsi que les " picots ", petites fleurs que des jeunes filles vous épinglaient en souriant à la veste dès votre arrivée à la fête moyennant une pièce ou deux.
Le soir venu, la retraite aux flambeaux démarrait réellement les festivités. Les lampions étaient distribués dans la salle de justice de paix, maintenant salle des mariages, et les bougies avaient tendance à s'éteindre au moindre souffle ou à mettre le feu au papier gaufré qui les entourait. Précédés de la musique, nous faisions un "petit" tour du village, passant devant la gendarmerie, l'épicerie Sahuc, la boucherie Lacaze, le café et retour à la mairie. La fête pouvait commencer.
Le samedi, presque tous les participants étaient de Villebrumier. La foule, attablée à la terrasse du bar, se levait à la première note d'une nouvelle "série" et, en quelques secondes, la terrasse se retrouvait presque vide et la piste grouillante de danseurs. Seules, les mémés qui étaient venues servir de chaperons restaient assises. Tout en discutant avec leurs voisines, elles ne perdaient pas de vue la " jeunesse " qui s'amusait. Mais les "vieux" participaient autant que les jeunes.
Autour du bar, un groupe d'hommes, assez âgés pour la plupart, commençait à boire "sec". Les éclats de voix prouvaient qu'ils étaient sur le bon chemin pour obtenir le but recherché : une "cuite" carabinée.

 

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