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Semences
Une spécialité
de Villebrumier et de sa région
La France est le deuxième pays semencier
au monde après les Etat-Unis. Et le Sud-Ouest est le principal
centre de production de semences en Europe.
Intérêt local
Villebrumier et ses alentours immédiats participent activement
à cette production d'élite. Grâce à
des conditions favorables : sol, soleil, irrigation... Et au savoir-faire
reconnu de ses agriculteurs semenciers.
Chacun a pu remarquer les cultures de maïs, de tournesol
et de colza en bandes alternées : une bande de plantes
"mâles" servant de pollinisateur et une bande
de plantes "femelles" sur laquelle sera récoltée
le semence hybride dont le potentiel de rendement sera supérieur
à chacun des deux parents.
Et beaucoup de nos jeunes (et moins jeunes) participent en été
à la castration du maïs semence, travail minutieux
et pénible mais qui procure un revenu apprécié.
Tous les agriculteurs de Villebrumier sont producteurs de semences,
preuve de leur haute technicité. Et c'est un de nos concitoyens,
Pierre Blanc, qui assure la présidence du Syndicat des
Producteurs de Semences du Quercy.
Intérêt général
La production de semence est doublement importante :
Importante en elle-même : elle apporte dans notre région
un complément de revenus significatif voire déterminant
aux agriculteurs multiplicateurs de semences. Et la présence
de maisons de semences créatrices d'emplois de hauts niveaux
: Caussade semence, Syngenta, Pioneer, Rustica, Ragt, Limagrain...
Importante comme moyen de production pour toute notre agriculture.
En effet, la semence est le vecteur du progrès génétique.
C'est le passage obligé entre le sélectionneur et
l'agriculteur utilisateur de semence. Hors, plus de la moitié
de l'augmentation spectaculaire de nos rendements en blé,
maïs, tournesol, soja... est due au progrès génétique,
au résultat de la sélection des plantes. La semence
est par ailleurs un moyen de production parfaitement écologique
par comparaison à d'autres : engrais, pesticides...
La semence est un facteur essentiel de compétitivité
de notre agriculture.
J'ai eu la chance de passer toute ma vie professionnelle dans
les semences. J'ai vécu de l'intérieur le développement
de cette activité et de ses énormes conséquences
sur notre agriculture (et sur les consommateurs dont le budget
alimentaire est en pourcentage de plus en plus faible).
Je citerai deux exemples :
Le maïs
Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, la production
de maïs restait limitée à quelques milliers
d'hectares en France : nos variétés de pays, très
tardives et exigeantes en chaleur étaient réservées
aux régions les plus chaudes comme le sud-ouest.
Nos sélectionneurs ont crée des variétés
hybrides plus productives, mais surtout plus précoces,
donc moins exigeantes en chaleur. Résultat : en France,
le rendement moyen est passé de 15 à 75 quintaux
hectare et les surfaces à 3 millions d'hectares. Et nos
variétés françaises de maïs sont maintenant
cultivées jusqu'en Scandinavie.
Il est intéressant de noter que le progrès le plus
décisif a été réalisé à
partir de la sélection d'une population de maïs fourrage
repéré dans le Haut Tarn, remarquable par sa précocité,
et qui aurait été amené du Piémont
italien par un migrant de ce pays.
Le tournesol
Jusqu'aux années 60, le tournesol était quasiment
inconnu en France. C'était surtout une plante décorative.
Là encore, notre pays a été à la base
de la sélection du tournesol. Des variétés
hybrides, productives, résistant mieux à la verse
et aux maladies, plus riches en huile, ont été créées
et multipliées. Et maintenant, le tournesol occupe un million
d'hectares en France et parsème nos campagnes de magnifiques
tapis d'or.
Parlons d'avenir
Les résultats de la sélection des plantes ont été
spectaculaires et déterminants pour notre agriculture.
Mais je voudrais insister sur la nécessité de poursuivre
ces efforts, ce qui passe maintenant par l'utilisation raisonnée
mais déterminée des biotechnologies. Je regrette
qu'en France et en Europe la sélection des variétés
OGM soit l'objet d'un blocage systématique. Maîtrisons
la science mais ne la rejetons pas. Que serions-nous sans les
résultats de la recherche ?
Je rappelle que, sans problème décelé, plus
de 60 millions d'hectares de variétés OGM sont cultivés
sur tous les continents... sauf en Europe.
Si le blocage européen de principe devait continuer, nos
activités semencières se délocaliseront (le
mouvement est déjà amorcé), notre agriculture
sera moins compétitive et nous importerons toujours plus
de grains et d'aliments... OGM.
Le voulons-nous vraiment ?
Jean-Michel Audy
NDLR : Evidemment, Entre-Nous n'a pas à prendre parti
dans le débat concernant les OGM. A l'occasion, chacun-e
peut s'exprimer en toute liberté.
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