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EN n°53 > Semences

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Semences

Une spécialité de Villebrumier et de sa région

La France est le deuxième pays semencier au monde après les Etat-Unis. Et le Sud-Ouest est le principal centre de production de semences en Europe.
Intérêt local
Villebrumier et ses alentours immédiats participent activement à cette production d'élite. Grâce à des conditions favorables : sol, soleil, irrigation... Et au savoir-faire reconnu de ses agriculteurs semenciers.
Chacun a pu remarquer les cultures de maïs, de tournesol et de colza en bandes alternées : une bande de plantes "mâles" servant de pollinisateur et une bande de plantes "femelles" sur laquelle sera récoltée le semence hybride dont le potentiel de rendement sera supérieur à chacun des deux parents.
Et beaucoup de nos jeunes (et moins jeunes) participent en été à la castration du maïs semence, travail minutieux et pénible mais qui procure un revenu apprécié.
Tous les agriculteurs de Villebrumier sont producteurs de semences, preuve de leur haute technicité. Et c'est un de nos concitoyens, Pierre Blanc, qui assure la présidence du Syndicat des Producteurs de Semences du Quercy.

Intérêt général
La production de semence est doublement importante :
Importante en elle-même : elle apporte dans notre région un complément de revenus significatif voire déterminant aux agriculteurs multiplicateurs de semences. Et la présence de maisons de semences créatrices d'emplois de hauts niveaux : Caussade semence, Syngenta, Pioneer, Rustica, Ragt, Limagrain...
Importante comme moyen de production pour toute notre agriculture. En effet, la semence est le vecteur du progrès génétique. C'est le passage obligé entre le sélectionneur et l'agriculteur utilisateur de semence. Hors, plus de la moitié de l'augmentation spectaculaire de nos rendements en blé, maïs, tournesol, soja... est due au progrès génétique, au résultat de la sélection des plantes. La semence est par ailleurs un moyen de production parfaitement écologique par comparaison à d'autres : engrais, pesticides...
La semence est un facteur essentiel de compétitivité de notre agriculture.
J'ai eu la chance de passer toute ma vie professionnelle dans les semences. J'ai vécu de l'intérieur le développement de cette activité et de ses énormes conséquences sur notre agriculture (et sur les consommateurs dont le budget alimentaire est en pourcentage de plus en plus faible).

Je citerai deux exemples :

Le maïs
Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, la production de maïs restait limitée à quelques milliers d'hectares en France : nos variétés de pays, très tardives et exigeantes en chaleur étaient réservées aux régions les plus chaudes comme le sud-ouest.
Nos sélectionneurs ont crée des variétés hybrides plus productives, mais surtout plus précoces, donc moins exigeantes en chaleur. Résultat : en France, le rendement moyen est passé de 15 à 75 quintaux hectare et les surfaces à 3 millions d'hectares. Et nos variétés françaises de maïs sont maintenant cultivées jusqu'en Scandinavie.
Il est intéressant de noter que le progrès le plus décisif a été réalisé à partir de la sélection d'une population de maïs fourrage repéré dans le Haut Tarn, remarquable par sa précocité, et qui aurait été amené du Piémont italien par un migrant de ce pays.

Le tournesol
Jusqu'aux années 60, le tournesol était quasiment inconnu en France. C'était surtout une plante décorative. Là encore, notre pays a été à la base de la sélection du tournesol. Des variétés hybrides, productives, résistant mieux à la verse et aux maladies, plus riches en huile, ont été créées et multipliées. Et maintenant, le tournesol occupe un million d'hectares en France et parsème nos campagnes de magnifiques tapis d'or.

Parlons d'avenir
Les résultats de la sélection des plantes ont été spectaculaires et déterminants pour notre agriculture. Mais je voudrais insister sur la nécessité de poursuivre ces efforts, ce qui passe maintenant par l'utilisation raisonnée mais déterminée des biotechnologies. Je regrette qu'en France et en Europe la sélection des variétés OGM soit l'objet d'un blocage systématique. Maîtrisons la science mais ne la rejetons pas. Que serions-nous sans les résultats de la recherche ?
Je rappelle que, sans problème décelé, plus de 60 millions d'hectares de variétés OGM sont cultivés sur tous les continents... sauf en Europe.
Si le blocage européen de principe devait continuer, nos activités semencières se délocaliseront (le mouvement est déjà amorcé), notre agriculture sera moins compétitive et nous importerons toujours plus de grains et d'aliments... OGM.
Le voulons-nous vraiment ?

Jean-Michel Audy

NDLR : Evidemment, Entre-Nous n'a pas à prendre parti dans le débat concernant les OGM. A l'occasion, chacun-e peut s'exprimer en toute liberté.

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