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EN n°54 > Jeux d'enfants

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Jeux d'enfants

Dernièrement, mon voisin vient m'emprunter une clé pour réparer sa tondeuse.
"- Je ne trouve pas la mienne, me dit-il, et je me demande si mon fils ne l'a pas utilisée dans ses jeux ! En effet, depuis quelques jours à le sortie de l'école, avec son copain, il s'évertue à construire un système d'arrosage avec des morceaux de tuyaux placés sur des supports…Une sorte d'aqueduc et leur terrain de prédilection est un tas de sable…
-Qu'à cela ne tienne, lui répondis-je, prenez la clé qu'il vous faut et laissez jouer ces enfants, un jour ou l'autre votre outil réapparaîtra ! Pour une fois, ils ont abandonné consoles, jeux télévisés, feuilletons enfantins pour enfin imaginer, inventer et faire quelque chose de leurs dix doigts !… Car ils n'ont souvent que des jouets automatiques téléguidés tout prêts à fonctionner ! Bref, aucun effort important à fournir, et ça marche !"
Et voilà qu'à cette occasion, je me plongeais dans une réflexion en essayant de me rappeler nos jeux d'enfance.
Nous avions très peu de jouets. C'étaient les poupées (je dirais même une poupée !), les balles, les cordes à sauter, les toupies, les jeux de quilles pour les garçons, quelques petits véhicules en bois : charrettes attelées à un cheval, brouettes…Mais nous étions, semble-t-il, très inventifs pour compléter cette panoplie. Les garçons, par exemple, rivalisaient d'adresse pour fabriquer des chariots en bois dont les roues étaient des bobines de fil vides, l'ensemble tiré par une ficelle. Les filles composaient d'amusantes dînettes en récupérant vieilles casseroles, assiettes fêlées, et tous autres ustensiles mis au rebus par les mamans. Nous aménagions nos cuisines sous quelque abri, près de la maison (la capela ou lo fornial). Des étagères fabriquées avec des caisses abandonnées imitaient les vrais meubles, sans oublier le coin cheminée avec quelques brindilles de bois…Et nous devenions alors des ménagères presque "pour de vrai", disait-on.
Nous nous inspirions également des trois pôles d'attraction du village : l'école, l'église, l'épicerie. Ainsi, par besoin d'imitation, nous installions une salle de classe en occupant quelque coin de hangar ou de remise, avec du mobilier de récupération, sans oublier la planche peinte en noir en guise de tableau.
Il nous arrivait aussi d'aménager un autel et un vieux banc à laver faisait l'affaire. Nous le garnissions de fleurs des champs, et je me souviens de quelques garçons qui se plaisaient à imiter le curé en s'habillant de rideaux inutilisés ; l'un d'entre nous faisait même la quête en ramassant les petits cailloux qui servaient de monnaie et que nous placions dans les sacs à main délaissés de nos mamans Nous les aimions beaucoup, ces petits sacs ; ils sentaient bon et nous y mettions même un mouchoir ou des petits papiers… Une fois, voilà qu'un ouvrier de mon père se mit à genoux silencieusement derrière nous et lorsque le garçon, imitant le prêtre, se retourna, les bras levés au ciel, pour chanter le "Domino vobiscum", il aperçut ce nouveau fidèle ! Surpris et confus à l'extrême, nous quittâmes les lieux et, je crois, que le "jeu-messe" fut abandonné !
Le jeu de l'épicier nous plaisait également et là aussi, boîtes et emballages vides garnissaient les étagères que nous construisions. En ce qui me concernait, les planches d'échafaudage de mon père faisaient mon affaire, mais pas la sienne ! L'épicerie était détruite et les planches rejoignaient un chantier !
Pour ces jeux, nous nous regroupions la plupart du temps, car il fallait plusieurs élèves dans la classe, plusieurs fidèles au pied de l'autel et plusieurs clients dans l'épicerie ! Donc, à tour de rôle, nous nous rendions chez l'un ou chez l'autre et nous trouvions le moyen de bien occuper nos temps de loisirs : nous n'avions pas la télévisions et nous ne connaissions pas les clubs de danse, de théâtre ou de sport !
Au retour de l'école, sur les chemins bordés de fossés, la construction de moulins à eau nous occupait après les pluies. Dans les bois, nous bâtissions des cabanes… A la maison, par mauvais temps, nous avions quand même quelques jeux de société. Certaines personnes de mon âge pourraient évoquer assurément bien d'autres jeux de leur enfance, sans oublier que souvent la priorité était de participer aux travaux de la ferme.
L'évolution dans le domaine des jeux est si grande que l'on reste admiratif aujourd'hui devant tout ce dont dispose l'enfant pour s'éveiller, s'épanouir, développer ses facultés et son habileté, satisfaire ses recherches…
Mais nous, les anciens, n'avions nous pas aussi l'occasion d'apprendre et de réfléchir à travers ces inventions et ces constructions qui meublaient nos loisirs ? Alors, si nos petits, un jour, s'approprient un outil de l'atelier familial dans le but de réaliser un "projet", laissons libre cours à leur recherche, à l'accomplissement des gestes qui leur procureront la joie de réussir !

Georgette
PS : Mon voisin a retrouvé la clé… dans le tas de sable !

 
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