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Mois de Mai...
Mois de fleurs...
Mois de fêtes
Nous aimons les marguerites, simples fleurs sauvages
et vivaces, de la famille des "composacées" appelées
aussi "leucanthèmes"... mais laissons ces mots
scientifiques et barbares pour garder à nos "grandes
marguerites des près" tout leur charme et leur romantisme.
Les prairies de notre commune en étaient, autrefois, fort
pourvues, de même que les fossés, les talus, les
bordures des champs à un tel point que les jeunes filles
de Villebrumier, pendant la guerre de 1940, ayant fait du théâtre
avaient appelé leur groupe "Les Marguerites".
Avec les boutons d'or, les coquelicots et les bleuets, qui ont
quasiment disparu, d'ailleurs, c'étaient les fleurs symboliques
d'un renouveau, jalonnant les fêtes du mois de mai ; ajoutons-y
les églantines qui ornaient les talus après la défloraison
de l'aubépine et, un peu plus tard le chèvrefeuille
qui nous embaumait. En classe, le bureau de la maîtresse
était souvent orné de ces fleurs cueillies sur le
chemin de l'école.
Le mois de mai, "c'est le mois de Marie, c'est le mois le
plus beau...", dit un cantique ; lorsque nous étions
enfants, participant à toutes les fêtes religieuses,
nous fêtions cette période par des cueillettes abondantes
de fleurs ; c'était l'occasion pour nous de parcourir la
campagne pour apporter à l'église nos moissons colorées.
Celles-ci, disposées dans plusieurs vases garnissaient
les autels et fleurissaient les statues, nombreuses dans les églises,
à cette époque-là ; pas question d'aller
chez un fleuriste acheter des fleurs : nous ne connaissions pas
alors ce genre de commerce !
Jardins, prairies et talus mettaient tout naturellement à
notre disposition ce dont il fallait pour nos décorations
florales !
Le premier dimanche de mai, fête du patron de notre paroisse,
nos fleurs des champs décoraient aussi la chapelle où
se trouve la châsse contenant les reliques de Saint-Théodard.
C'était la fête locale et, religieusement, aux vêpres
de ce dimanche, au cours d'une procession autour du village, quatre
jeunes gens transportaient la châsse. La procession s'arrêtait
au pied de la statue, abondamment fleurie elle aussi, à
l'entrée du village.
Nous fêtions aussi Jeanne d'Arc ; la statue impressionnante
de la jeune lorraine enserrée dans une armure se fleurissait
particulièrement en ce deuxième dimanche de mai.
C'est encore le mois de mai qui fut marqué par événement
historique inoubliable, émouvant : le 8 mai 1945 : la victoire
au prix de tant de sacrifices !
Nous retrouvions nos couleurs tricolores encore dans nos champs
; le décor de nos demeures, de nos écoles, de nos
églises faisait appel à ces trois fleurs : bleuets,
marguerites, coquelicots ; "bleu, blanc, rouge" et nous
avions hâte d'arborer les couleurs de notre drapeau tenu
si longtemps caché !
Plus près de nous, rappelons-nous aussi la célébration
du cinquantenaire de cette date ; en mai 1995, les animations
dans notre village se terminaient par des chants patriotiques
entendus cinquante ans auparavant ; je ne pus m'empêcher
de saisir les bouquets tricolores décorant la salle des
fêtes et cueillis dans nos champs le matin même, pour
les offrir à celles et ceux qui nous avaient tant émus
en faisant revivre entr'autres : "Fleurs de Paris! La fleur
du retour des beaux jours..."
Nous pouvons ajouter à toutes ces fêtes s'égrenant
en mai, la Fête des Mères, qui met en valeur tout
l'amour maternel et filial, et si le marchand de fleurs n'étaient
pas là, nos fleurs champêtres suffisaient amplement
à fêter nos mamans !
Comment ne pas aimer ces fleurs qui nous rappellent tant de souvenirs
!
Georgette
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