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Au sujet du Recensement
Le 8 Mars 1999, le gouvernement a procédé
au dernier recensement de la population de ce millénaire.
Les résultats en sont maintenant connus, mais leur exploitation
va prendre encore beaucoup de temps. En effet, l'INSEE a profité
de l'occasion pour réunir de nombreux renseignements qui
permettront d'avoir une idée plus précise de l'évolution
des manières de vivre et des besoins de la population.
Depuis très longtemps, les différents gouvernements
qui se sont succédés dans notre pays ont voulu savoir
quel était le nombre exact d'habitants. Sous l'ancien régime,
l'Etat Civil était confié au clergé catholique.
C'est pourquoi le recensement des "âmes" des paroisses
ne donne qu'une idée imparfaite du nombre d'habitants puisque
les Juifs et les Protestants par exemple n'étaient pas
comptabilisés.
Dès l'avènement de la République, les recensements
ont lieu de manière très régulière
et ce pour des raisons avant tout militaires : la France est essentiellement
rurale et la force des armées se mesure surtout au nombre
de divisions qu'elle peut lever. La "chair à canon"
est un argument primordial dans toutes les négociations
ou rapports de force.
Pour Villebrumier, nous possédons les chiffres de tous
les recensements à partir de l'instauration de la 2ème
République. Si les moyens techniques de l'époque
peuvent nous sembler dérisoires (peu de moyens de transmission,
lenteur des communications), la stabilité géographique
de la population entraîne des résultats fiables et
pertinents.
Cette stabilité a bien évolué de nos jours
puisqu'entre 1990 et 2001 la moitié de la population française
a changé de domicile au moins une fois!
LE XIXème siècle :
1851 : 805 habitants.
1856 : 779
1861 : 764
1866 : 759
1872 : 697
1876 : 644
1881 : 622
1896 : 618
On remarque une érosion lente de la population
qui perd pratiquement 1/4 de ses membres en 50 ans. C'est l'exode
rural bien connu de tous les démographes. La montée
de l'industrialisation attire de très nombreux ruraux sans
terre : les "brassiers" ainsi que les enfants des "petits
paysans". Ils vivaient chichement des travaux agricoles saisonniers
et trouvent dès lors des emplois stables dans la construction
des voies de chemin de fer ou dans la grande industrie du Nord
ou du Centre. Paris constitue aussi un pôle d'attraction
fort qui perdure encore.
En même temps commencent à disparaître de notre
village certains artisans qui ne peuvent concurrencer les produits
de l'industrie : fileuses, tisserands...
La première moitié du XXème
siècle :
1901 : 602
1906 : 618
1911 : 572
1921 : 476
1926 : 434
1931 : 516
1936 : 481
L'érosion constatée pendant tout le
XIXème siècle continue mais se trouve amplifiée
par la 1ère guerre mondiale : au décés des
nombreux Villebrumiérains tués sur les champs de
bataille s'ajoute l'énorme déficit de naissances
provoqué pendant près de 5 ans par l'absence de
la quasi-totalité des hommes en âge de procréer.
C'est pourquoi l'étiage démographique de notre population
se situe en 1926. L'arrivée massive d'immigrants (Italiens
pour la plupart) au début des années 30 va fournir
une courte bouffée d'oxygène à notre population.
En effet, notre commune reste essentiellement rurale et le remplacement
d'une famille française par une famille d'immigrants va
tout juste stabiliser le nombre global.
En même temps continuent de disparaître petits artisans
et petits commerces (même si leur nombre est encore bien
supérieur à ce qu'il est aujourd'hui) à cause
principalement de l'augmentation des moyens de transport. Si les
voitures automobiles individuelles sont encore rares, les moyens
de transport collectifs, bus ou train (la gare de Nohic n'est
qu'à 2 km) font que les villageois, et surtout les villageoises,
prennent l'habitude d'aller à Montauban, pour vendre les
produits de leur ferme, oeufs, volailles, légumes... et,
en même temps faire leurs emplettes au détriment
des commerçants et artisans locaux.
La 2ème moitié du XXème siècle
:
1954 : 548
1962 : 556
1964 : 556
1968 ; 534
1970 : 534
1972 : 548
1975 : 548
1982 : 675
1990 : 729
1999 : 934
Cette période se divise en deux parties très
différentes. De la 2ème guerre mondiale à
1975, on peut noter une très grande stabilité de
la population. Notre commune continue d'être essentiellement
rurale même si la mécanisation des exploitations
commence à entraîner des regroupements et des remembrements
implicites. La disparition de nombreuses micro-exploitations (beaucoup
de familles "bourgeoises de Villebrumier ont conservé
une petite "ferme" de moins en moins rentable, vendue,
en général morcelée, entre les différents
agriculteurs voisins). Elle est compensée par l'arrivée
de néo-ruraux qui vont travailler dans les usines proches,
à Villemur (SGE ou Brusson) ou à Saliens.
C'est aussi la période où nous trouvons sur notre
commune de très nombreux "ouvriers-paysans" qui
exploitent leur minuscule propriété tout en travaillant
à l'usine proche. En même temps apparaît le
travail salarié des femmes, mutation importante au niveau
des modes de vie et des mentalités dans une société
jusqu'alors patriarcale.
A partir de 1975, ce phénomène va s'amplifier brutalement
: la demande de terrains pour la construction de maisons individuelles
devient très forte. La municipalité d'alors va tenter
de résister à cette urbanisation sauvage en créant
le grand lotissement de Valgilade mais celui-ci se retrouve vite
saturé. Après une accalmie due aux différents
chocs pétroliers, ce phénomène reprend de
plus belle et l'ensemble du territoire communal est maintenant
concerné. Cet habitat diffus et mal contrôlé
transforme totalement le paysage et l'environnement qui, d'un
paysage agricole et champêtre devient lentement pavillonnaire
et banlieusard.
L'arrivée en masse de jeunes familles de "rurbains"
est en train de modifier considérablement la physionomie
de notre population. Le fait que 80% des Villebrumiérains
soient propriétaires de leur logement (bien au-dessus de
la moyenne régionale) posera d'ailleurs, à moyen
terme, de gros problèmes d'équipements collectifs.
Ce phénomène auquel sont déjà confrontées
les communes pavillonnaires des banlieues des grandes villes devrait
nous amener à nous poser des questions sur le devenir de
notre commune.
En même temps le nombre d'exploitations agricoles a considérablement
diminué au point que les véritables "ruraux"
se comptent sur les doigts de la main.
Autres données de l'INSEE relatives au recensement
:
- L'âge moyen des habitants :
Villebrumier compte plus de jeunes que la moyenne départementale
: 238 ont moins de 20 ans. Ce résultat est normal, compte
tenu de l'explosion démographique, mais par un paradoxe
apparent, le nombre de personnes de plus de 75 ans, (105), est,
lui aussi, supérieur à la moyenne. La présence
d'une importante maison de retraite accueillant des personnes
âgées de toute la région en est évidemment
la cause.
Cette maison de retraite perturbe d'ailleurs toutes les statistiques.
Le solde naturel de population (différence entre les naissances
et les décés) devient largement négatif.
Pour l'an 2000 par exemple, notre commune a compté seulement
11 naissances pour 20 décés, soit un déficit
de 9 habitants. Ce déficit est apparent car chaque décés
est aussitôt compensé par l'arrivée d'un nouveau
pensionnaire à la maison de retraite, mais les statistiques
n'en tiennent pas compte.
-La population active:
399 personnes (206 hommes et 190 femmes) travaillent ou cherchent
un emploi. Ces chiffres sont proches de la moyenne départementale
(sans la correction due à la maison de retraite). Le nombre
de demandeurs d'emploi est de 45, lui aussi très proche
de la moyenne départementale (11,8% pour Villebrumier,
13,4%pour le département).
Par contre ce qui est intéressant, c'est d'examiner où
vont travailler nos concitoyens : 92 travaillent dans la commune,
152 dans une autre commune du département, 107 hors du
département. Ce qui veut dire que, chaque jour, 259 personnes
quittent le territoire de la commune pour aller à Labastide,
à Villemur, à Montauban ou à Toulouse. Si
on ajoute les collégiens, les lycéens et les étudiants,
près de la moitié de la population est absente dans
la journée de notre territoire. Celui-ci devient de plus
en plus un village-dortoir de la grande banlieue de Montauban
et de Toulouse. L'évolution démographique prévisible
pour les années à venir va encore accentuer ce phénomène.
Ce déplacement massif et journalier de population a pour
conséquence l'équipement automobile des ménages
: seuls 25 ménages n'ont pas de voiture. 92.3% en ont au
moins une, ce chiffre se situe très au-dessus de la moyenne
départementale : 85.7%
Enfin un dernier point : les Villebrumiérains sont propres
ou tout au moins, ils n'ont aucune excuse s'ils ne le sont pas
: une seule résidence ne possède ni douche ni baignoire,
mais peut-être a-t-elle une piscine?
Bernard
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