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Histoires croisées
de la commune et du canton ainsi que du département
Les élections municipales et cantonales
de ce mois de mars donnent l'occasion de rappeler l'histoire de
notre commune , du canton et aussi du département.
L'oeuvre de la Révolution
C'est en 1765 qu'est exprimée l'idée de diviser
le royaume en "départements", mot qui signifiait
"division du gouvernement". En 1788, les Etats Généraux
souhaitaient la formation de circonscriptions uniformes et commodes
avec un chef-lieu facilement accessible.
En 1789, les décrets d'août et de novembre, puis
celui de mars 1790 publiés par le nouveau pouvoir issu
de la Révolution française abolissent le régime
féodal et créent les communes à partir des
communautés consulaires et des paroisses existantes. Chacune
est administrée par une assemblée élue appelée
alors "Conseil général".
Toujours en 1790, après une enquête administrative
minutieuse de cartographie, sont nés 83 départements.
Ils sont pourvus d'une assemblée élue pour deux
ans et renouvelable par moitié par les citoyens versant
une contribution au moins égale à 10 jours de travail.
En 1793, Villebrumier devient chef-lieu de canton de la Haute
Garonne. A ce moment-là, 11 communes constituent cette
circonscription électorale.rattachée au district
de Catelsarrasin.: Villebrumier, bien sûr, Corbarieu, Reyniès,
Saint-Nauphary, Varennes, Verlhac-Tescou, mais aussi Nohic et
Orgueil, ainsi que La Vinouze, Moulis et Puylauron qui avaient
alors le statut de communes. Quelques années plus tard,
en 1799 (an VII), en vertu d'une décision du Conseil des
Cinq Cents (où siégeait Pierre Gerla), à
leur demande, Nohic et Orgueil "sont distraites de leur canton"
et "sont réunies" à celui de Grisolles
tandis que Villebrumier est confirmé comme chef-lieu. Cette
décision .est contestée par le notaire de Reyniès,
maître Martin Lamotte qui a présenté un mémoire
au gouvernement de l'époque où on peut lire: "Le
canton de Villebrumier n'a donc été maintenu que
parce que quelques intrigants en ont imposé au Gouvernement
en lui représentant que la réunion de ce canton
à celui de Montech ou à celui de Grisolles présentait
des obstacles de nature insurmontable ou nuisible. (...)".
Il est dit aussi que "C'est par exception à la règle
générale que ce chétif canton existe"
alors que son territoire "n'est que d'un myriamètre
au plus" et que "la population ne s'élève
qu'à 4218 personnes de tous âges et de tous sexes,
encore même ce nombre est-il suspect". Pourtant, "la
loi exige impérativement pour population moyenne d'un canton
le nombre de 10000 âmes et pour étendue 125 km2"
Pierre Gerla, qui était visé par cette diatribe,
rétorque que ledit canton mesure 150 km2 (alors que 125
suffisent) et que 4658 habitants le peuplent (alors que d'autres
comptent une population bien inférieure). (cf EN n°
4 page 12).
En 1794, une enquête montre l'inégale accessibilité,
soit par voie routière, soit par voie d'eau, entre Toulouse
et les différentes localités de la Haute-Garonne.
Dans le Nord , les chemins de traverse sont en très mauvais
état et le recours à la voie d'eau est courant.
Ainsi, pour accéder à la Ville Rose depuis Villebrumier,
il fallait descendre le Tarn sur 7 lieues, puis remonter la Garonne
sur 17. On peut imaginer le temps nécessaire au voyage,
d'autant plus si on habitait à Verlhac-Tescou! Au vu des
résultats, Montauban gagnait des points pour jouer enfin
un rôle administratif.
L'influence napoléonienne
La loi du 17 février 1800 donne le nom de "Conseil
général" à l'assemblée départementale.
Ses membres sont désormais nommés pour trois ans
par le Gouvernement et ne siègent guère que 15 jours
par an pour, essentiellement, répartir les impôts
entre arrondissements. Sous l'Empire, le mandat des responsables
municipaux sera porté à dix ans (cela aurait pu
être vingt pour certains, en raison de leur renouvellement
prévu par moitié, mais les événements
en ont décidé autrement!) Par contre, les maires
et les adjoints siégeaient seulement cinq ans.
En 1808 (le 4 novembre exactement), intervient la création
du Tarn et Garonne avec Montauban comme chef-lieu. Le canton de
Villebrumier appartient désormais à ce nouveau département
qui en compte 33.
En 1810, disparaissent les communes de Moulis, Puylauron et La
Vinouze, incluses respectivement dans les territoires de Reyniès,
Varennes et Verlhac-Tescou. Cette même année, par
décret impérial du 8 octobre paru au "Bulletin
des Lois", Villebrumier et Corbarieu se voient amputées
de leurs terres de la rive gauche du Tarn au profit de Nohic et
de Labastide Saint Pierre. Simultanément, le canton est
détaché de l'arrondissement de Castelsarrasin pour
rejoindre celui de Montauban.
Des réformes qui se succèdent
En 1831, la Monarchie de Juillet instaure le suffrage censitaire
qui donne droit de vote au dixième des propriétaires
le plus imposé.
En 1833, chaque canton élit son conseiller et plusieurs
réformes élargissent l'autonomie du Conseil général.
En 1837, est instauré le renouvellement triennal par moitié
des élus départementaux et en 1871, leur mandat
est fixé à six ans
En 1852, sous le régime du Prince- Président Louis-Napoléon
Bonaparte, maires et adjoints sont à nouveau nommés
par le Préfet.
Les lois du 5 avril 1884 et du 6 juin 1895 établissent
le statut administratif des communes. Sur le territoire de chacune
d'elles est élu pour 6 ans un Conseil Municipal qui est
un organe délibérant et qui désigne par vote
la Municipalité , c'est à dire le Maire et ses adjoints
Ceux-ci sont des agents exécutifs qui perçoivent
des indemnités. Les services municipaux sont tenus à
publier les lois, à tenir les registres d'état civil,
à célébrer les mariages, à assurer
le recrutement en vue du service national. Mais surtout la charge
la plus importante, est, sans doute, constituée par l'école
primaire devenue en 1881 et 1882 gratuite, obligatoire et laïque.
L'arbitraire du Régime de Vichy
En 1942, sous le régime de Vichy, le Conseil général
élu est remplacé par le Conseil départemental
dont les membres sont nommés par le Ministre de l'Intérieur.
Ce même ministre prend un arrêté le 4 avril
de cette année-là qui stipule: "Considérant
que le Conseil municipal de la commune de Villebrumier est hostile
à l'oeuvre de rénovation nationale, (il) est dissous.
(...). Il est institué une délégation spéciale"
présidée par Michel Monnerot-Dumaine. Ce n'est que
le 5 octobre 1944 que Raymond David, maire destitué, et
ses collègues seront remis dans leur fonction grâce
à une ordonnance qui rétablit le droit antérieur
et prévoit le vote des femmes, lesquelles participent donc
pour la première fois à l'élection des Conseils
municipaux en avril 1945 et des Conseillers généraux
en novembre suivant. Aucune élection locale n'avait eu
lieu durant douze ans.
Les effets contradictoires de la décentralisation
Dans le chef-lieu de canton existent (ou ont existé...)
certains services de l'Etat. Ainsi, dans notre localité,
se trouve depuis longtemps une gendarmerie. Une subdivision de
l'Equipement (naguère Ponts et Chaussées) dont le
statut a évolué récemment y est installée
ainsi qu'un Corps de Sapeurs Pompiers depuis 1955 dont les biens
viennent d'être dévolus au département ce
1er janvier 2001. Par contre, la juridiction du Juge de Paix qui
tenait séance dans l'actuelle salle de réunion de
la mairie a disparu en 1958 tandis que la Recette-Perception a
été supprimée en 1986.
Les lois de décentralisation de 1982 et 1983 ont considérablement
élargi les compétences des assemblées territoriales.
Par exemple, l'exécutif est transféré du
Préfet au Président de l'Assemblée départementale
et les possibilités d'intervention des autorités
élues sont élargies, la tutelle administrative et
financière étant supprimée. a priori.
Depuis 1890, les communes ont utilisé la faculté
de se rapprocher. Certaines ont choisi la fusion. D'autres se
sont regroupées en syndicats spécialisés,
communautés, districts ou même maintenant pays. Récemment,
Corbarieu et Saint Nauphary ont intégré la "Communauté
d'agglomération du Pays de Montauban et des 3 Rivières".
De son côté, Verlhac-Tescou a rejoint la "Communauté
de communes du Quercy Vert" qui englobe le canton de Monclar.
Quant à Villebrumier, Varennes et Reyniès, elles
se sont tournées vers la rive gauche du Tarn pour créer
la "Communauté de communes du Territoire de Grisolles
et Villebrumier" en compagnie de Nohic, Ogueil, Labastide
Saint Pierre, Bessens et Campsas, soit 10 localités. Ces
nouvelles structures dont les responsables sont désignés
non par le suffrage universel mais par les élus locaux,
disposent de compétences fiscales et administratives et
se substituent aux syndicats intercommunaux pour les questions
touchant par exemple le traitement des ordures ménagères,
la voirie, la petite enfance ou toute autre compétence
décidée en commun.
Des évolutions encore possibles
Depuis plus de deux cent dix ans, le mode de scrutin comme la
durée des mandats des élus ont varié et le
découpage administratif de notre pays a évolué.
La France métropolitaine a compté jusqu'à
130 départements en 1810, sous le Premier Empire. On en
dénombre aujourd'hui 96 depuis le partage de la Corse en
deux en 1996, nombre auquel il faut ajouter les cinq départements
d'Outre Mer: Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion (qui
datent de 1946) et Saint Pierre et Miquelon (créé
en 1976). Les Territoires d'Outre Mer (Nouvelle Calédonie,
Polynésie, Wallis et Futuna, Iles Kerguélen...)
sont régis par un statut particulier.
Récemment, une "Commission sur la décentralisation"
a formulé des propositions en vue de modifier certaines
règles actuelles qui concernent les collectivités
territoriales. Des évolutions sont donc possibles à
nouveau. Parmi les 36 674 communes, la moitié recense moins
de 390 habitants et environ 5% ont la taille de la nôtre,
entre 800 et 1000 résidents. Subsisteront-elles toutes?
Quel est l'avenir de l'entité "canton"?
Une vieille tradition devrait pourtant échapper à
une prochaine réforme: la façon de porter l'écharpe
tricolore à frange d'or par le Maire. Avant 1830, il la
mettait à la ceinture mais aujourd'hui, il est autorisé
à la placer sur l'épaule droite tombant vers la
gauche. Mais attention: il doit prendre garde, en égard
à l'ordre des couleurs du drapeau national, à diriger
le "bleu" vers le haut!.
enquête de Guy
(Sources: "De Curvus Rivus à
Corbarieu" de Marcel Delbouys, série d'articles dans
Entre-Nous et documentation personnelle)
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